Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 09:04

Un policier national conteste les dires d'un minicipal.

source: le Républicain Lorrain du 29.01.2012

Clair et ferme. Le message délivré par le parquet de Metz ne fait pas dans la demi-mesure. Il ne tolère aucun passe-droit, surtout pour les gens en uniforme disposant de l’autorité publique.

Ainsi, pas question pour le fonctionnaire municipal renvoyé vendredi devant le tribunal correctionnel de Metz d’échapper aux juges. On lui reproche d’avoir agrippé par le col, le 6 mars dernier, un jeune homme un peu virulent au cours d’une intervention banale. On lui reproche de lui avoir « éclaté » la tête contre un véhicule sérigraphié et d’avoir brisé une vitre, ce que le prévenu conteste en affirmant qu’ils sont tombés tous les deux dans la vitre à cause d’un déséquilibre. Mais pas seulement.

La victime, absente

La représentante du ministère public a visiblement peu goûté les procédés de la police municipale cet après-midi-là, et rappelé à l’assistance, remplie de collègues surpris de se retrouver ici, certaines règles de procédure. Pour le procureur, c’est entendu, « la police municipale n’avait pas à rentrer dans ce hall d’immeuble de la rue du Petit-Paris. Elle n’avait pas à chercher à contrôler les identités des trois jeunes qui sortaient de l’ascenseur. » Au sujet des violences supposées, la magistrate estime « qu’aucun acte de la victime ne justifiait son interpellation. » Le prévenu répond en rappelant « les insultes. Et ce regard menaçant. Il m’a dit qu’il allait me retrouver. Ce n’était plus tolérable. » Une version plus ou moins confirmée par les trois agents municipaux présents sur place au moment des faits.

Appelé sur les lieux en cours d’intervention, un brigadier de la police nationale se souvient, au contraire, « ne pas avoir compris pourquoi l’agent municipal avait agi de la sorte. La scène était figée, les jeunes étaient calmes. Et il a décidé d’en interpeller un, sans m’en avertir… » Et puis la bousculade, la vitre cassée, la roulade au sol. On aurait aimé entendre la victime mais, après avoir porté plainte, elle ne s’est finalement pas constituée partie civile. Et vendredi, elle était aux abonnés absents.

Pas vraiment une surprise pour M e Xavier Iochum, défenseur du mis en cause. « Je dis chapeau aux trois jeunes. Ils sont rentrés dans un immeuble sans permission, ils ont injurié des policiers et s’en tirent sans aucune poursuite. Ce sont les grands gagnants de cette histoire parce qu’on préfère poursuivre un père de famille, un pompier volontaire, pour le prix de leur irrespect. » L’avocat veut la relaxe pour son client, « parce qu’il n’y a aucun élément matériel – on dit que la victime a eu la tête éclatée dans une vitre de voiture mais n’a eu aucun jour d’ITT –, et qu’il y a beaucoup de doute dans le scénario. Si mon client devait être condamné, ça voudrait dire qu’on donne plus de crédit à un policier national qu’à quatre agents municipaux. »

Deux mois avec sursis ont été réclamés par le procureur. Décision le 29 mars.

K. G. 

 

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Par SIPM/FPIP - Publié dans : police rurale - Communauté : POLICE RURALE
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